Le Lhassa-Apso une rencontre

                     Bambou à 7 mois

 

                                                           Juin 1972

         

A dix mille lieues ce jour là d'imaginer en me levant que j'adopterai un chien...

 

     Je flâne entre les tentes d'un village tibétain installé pour un pélerinage aux pieds du Stuppa de Swayambu au Népal. Sur mon chemin un femme me tend une petite boule de poils noirs: " Good dog!" - " Very good dog!" - "For you!". Je le prends dans mes bras où il se blottit, jette un oeil sur moi, et semble vouloir s'endormir sous le regard approbateur et souriant de la femme. Un homme approche, et je comprends que je dois donner quelque chose, on ne me demande même pas si je le veux, j'ai cinq dollars.

Je n'ai pas le souvenir d'avoir réfléchi.

     La femme reprend son chien, le caresse lentement le porte à son front, en murmurant quelques mantras, et me le tend dans un geste très solennel une larme dans son sourire.

     Aujourd'hui encore, j'ai toujours l'impression d'avoir été choisi. Avec Bambou, les lhassa-apso sont rentrés dans ma vie.

 

Nous ignorions encore tout des chiens tibétains. Bambou allait nous apprendre.


Dès notre arrivée à la chambre cuisine que nous louions, après une inspection tranquille des lieux, il alla gratter à la porte, peut-être l'envie de retourner chez les siens ? mais non ! Sitôt la porte ouverte après quelques pas, il fit ses besoins et retourna immédiatement à l'intérieur. Tout allez bien ! Il avait seulement décidé de respecter notre monde. A la fin de la journée, il répondait à son nom.

 

Il n'a pas cessé de nous étonner. Tranquille, plein d'assurance, il comprenait sans que l'on doive lui apprendre. Comme s'il savait déjà tout naturellement. Il nous suivait sans que l'on ait besoin de lui mettre une laisse. Le soir il se couchait sur le seuil, les yeux grands ouverts, il regardait les étoiles. Dire que nous étions conquis, serait un euphémisme. Par anthropomorphisme peut-être nous avons pensé qu'il serait bien de lui trouver une compagne. Le lendemain au campement des tibétains, nous fîmes la demande d'une femelle susceptible d'être mariée à Bambou. Nous n'avons pas eu de réponse immédiate... Quelques jours plus tard, quelqu'un est venu nous chercher pour nous conduire devant une tente. Un couple en sortit, une petite chienne couleur miel dans les bras. Elle était plus petite que Bambou avec moins de poils sur le museau, la barbe, et les oreilles. Nous mîmes cela sur le fait qu'elle paraîssait plus jeune, on a entraperçu la mère qui disparût entre deux tentes, elle était petite, de couleur fauve, le poil totalement hirsute, apparemment c'était bien la même race que Bambou. Nous décidâmes de l'appeler Baby. Elle s'adapta aussi facilement que lui, seulement plus vive et plus active. Elle grandit sans que la pilosité sur la tête, la barbe et les oreilles ne se développe pour autant! Ce n'est que plus tard en consultant un vétérinaire pour obtenir les certificats de santé pour passer les frontières que nous apprîmes qu'il s'agissait de deux races différentes, Bambou serait un lhassa-apso, et Baby un jemtse apso (épagneul tibétain).

Aujourd'hui d'après ce que j'ai vu de la mère, qui avait tout d'un lhassa-apso, je pense que Baby était peut-être un prapso.

Baby Baby à 6 mois

 Avec nos chiens nous avons fait le tour de l'Inde. A Bodh Gaya, Bambou se révéla comme un véritable pitre au "Burmeese Viahra" un moine lui a appris des tours en quelques jours, il le récompensait en lui donnant des petites boulettes qu'il emmenait dans sa robe, avec ce moine je n'ai échangé que des sourires, il avait fait voeu de silence. 

 

Sur la route de Delhi on ne se rendît pas compte de suite que Bambou ne buvait plus. Depuis quelques jours son humeur avait changé, il cherchait à s'isoler et refusait la nourriture. Il est mort dans nos bras. Le vétérinaire que nous avions consulté craignait que Bambou ne soit mort de la rage, ce qui fût confirmé après analyse. Malgrè cette terrible maladie il ne s'en est jamais pris à Baby et ne nous a jamais mordu ! Nous nous sommes souvenus de l'incident où il l'a sans doute contracté: Baby s'était mise dans une mauvaise situation et Bambou était intervenu pour la protéger comme toujours, il surveillait ses arrières. Nous n'avons pas vu qu'il avait pu être blessé. Nous sommes restésà Delhi, le temps du traitement antirabique, nous n'avons pas eu de difficulté à ce que Baby soit également traîtée.

 

 

Baby et Bambou à Anjuna Beach Goa 

  

Nous sommes rentrés en France par la route sans difficultés sauf pour sortir d'Afghanistan, où au dernier checkpoint un militaire zélé exigeait un permis royal spécial pour sortir du territoire des chiens d'origine afghane protégés, exédé par trois heures de fouille en plein soleil au checkpoint précédent, je n'étais pas d'humeur a négocier un retour à Kaboul (+ de 1000 kms) pour aller chercher ce foutu papier ! Je lui mis les certificats de santé dans les mains et optais pour le passage en force, j'étais en vu du checkpoint iranien, j'entendis crier, et il y eu un bruit de culasse. C'est couché dans le camion que nous sommes arrivés en Iran. Plus de soucis jusqu'à Toulouse. Personne ne me réclama les fameux certificats de santé! Baby s'accommoda très bien du confort moderne. Elle ne fût jamais malade, elle est morte de vieillesse dans sa 17ème année.   

 

 

 

Baby en France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 
 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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